Violaine Ochin - Artiste Animalier

Préhistoire

Les cinq toiles forment un tout aligné selon un ordre précis : l’introduction « l’art pariétal », le développement « chassé-croisé I et II », la toile cachée « fiat lux » et la conclusion « la communauté ». Cette mise en scène permet aux personnages de graviter autour d’un ou plusieurs décors, ils évoluent dans le cadre de la toile mais les hommes peuvent transgresser celle-ci car aucun cadre ne fait obstruction. Tout se mélange, se croise, se traverse, l’importance de l’opacité, le groupe soudé est prêt à faire face au danger.

L’art pariétal est un mystère assez complexe, la fascination que les homo sapiens essayaient de retrouver à la chasse, s’est inscrite sur tant de parois et tant de millénaires qu’il est impossible de l’ignorer. Ce message très bien conservé jusqu’à nos jours n’a pas été encore décrypté, et toute une série de questions, d’hypothèses, de désirs nous embrouillent l’esprit. La première toile, qui a pour titre « l’art pariétal » est une introduction à ma recherche. C’est le générique représentatif de vingt espèces animales.

Les arcs de cercles, les courbes, montrent les reliefs de la cavité ainsi que les zones d’ombre, les monticules, les profondeurs et les cupules naturelles. L’utilisation de ces accidents en  « creux » est déjà remarquable, la paroi est un modelé naturel, l’ensemble donne naissance à des formes, a priori calculées sur les préoccupations du devenir et des démarches artistiques de nos ancêtres directs. Les figurations sont réparties de façon à ressentir l’entassement, les superpositions, les enchevêtrements des corps et des cornes. Tout ceci dans une organisation rigoureuse de l’espace.

Je pense que le sens de la composition témoigne d’une démarche délibérée, pratiquée par des artistes à la recherche de conception élaborée et réfléchie. L’utilisation de couleurs chaudes renvoie à l’ocre rouge, orangé et noir pour les contours des membres, en effet ces couleurs rappellent le feu, la lumière, la communion, le groupe.

« Chassé-croisé I et II » peuvent s’interchanger et se faire face : l’homme contre l’homme ou l’homme avec l’homme. Ces toiles s’ouvrent pour laisser apparaître la lumière, comme la femme donne la vie.

« Fiat lux », se mettre autour d’un feu c’est très convivial, le crépitement du bois, ce son mélodieux favorise les rencontres, l’échange, la communication et le début d’un certain langage.

« La communauté » est la dernière toile qui dessine l’apparition de l’hominidé, le mélange de l’espace, le commencement de la culture, le rituel de la chasse, la sculpture, la représentation de la femme, la Vénus de Vestonice ou celle de Willendorf, le culte de la fécondité qui donne naissance aux civilisations futures : le nomadisme, l’entraide, l’acte funéraire, le sacré de la vie, la maternité, l’échange, la cueillette, l’adversité et la confection.

Cette mise en scène est le chemin de l’humanité, son devenir, et ce qu’elle représente de nos jours.

 

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